Pourquoi Re.Source est une entreprise ?

Quand on choisit de travailler sur un sujet aussi alternatif / décroissant / marginal que le réemploi, que l’on décide d’en attaquer le flanc le plus escarpé à savoir la revente de ces éléments réemployables et que l’on ne monte pas une association ou un collectif mais une entreprise, on est souvent questionné.

Pourquoi ce choix ?

Raison #1 : Rendre le réemploi (in)visible

la cabane de Célia
La maison durant les travaux – Crédit photographie Célia Auzou

Il faut savoir qu’il y 3 ans, quand j’ai commencé à travailler sur le sujet des matériaux de construction de réemploi, il n’était pas aussi largement diffusé qu’aujourd’hui. Dans la tête d’une immense majorité, construire en occasion revenait à projeter d’habiter un taudis. Hors, j’expérimentais personnellement à travers l’auto-construction de ma future maison ces mêmes matériaux. Mon objectif ? Rendre ce réemploi invisible aux yeux de tous. Ainsi, j’ai injecté au sein de cette maison bon nombre de matériaux de réemploi et/ou issus du gaspillage comme les menuiseries, les revêtements intérieurs, les structures de cloisons, une partie du réseau électrique et des sols, entre autres. Personne n’a su identifier quels éléments avaient déjà vécu une première vie avant cette construction et quels autres éléments non. Personne ne s’est douté que 40% de la maison est ainsi faite.

Et bien, c’est exactement ce que nous souhaitons, chez Re.Source, pour l’avenir des matériaux de réemploi : qu’ils soient sélectionnés et utilisés, au même titre que des matériaux neufs, indifféremment de leur origine et de manière invisible. Pour cela, il nous semble préférable de situer tous ces matériaux dans le même environnement entrepreneurial, à savoir l’entreprise, afin de leur conférer toutes les chances d’atteindre le même rôle.

C’est d’ailleurs pour ces mêmes raisons que Re.Source ne commercialise pas de palettes ou de menuiseries sans cadres : nous garantissons une qualité minimale élevée des matériaux proposés sur le site, comme il serait fait de matériaux neufs.

Raison #2 : Rassurer les professionnels du bâtiment

Article-RS-entreprise 1
Crédit photographie Crédit Agricole

Comme dans tout sujet émergent, il y a 2 types de personnes : les convaincus (nous et une poignée d’autres acteurs éco-responsables) et les sceptiques (c’est-à-dire un grand nombre de professionnels du bâtiment). Ces sceptiques pensent au réemploi en terme de « lubie » et d’ « effet de mode ». Ils ont tendance à minimiser le sujet en le marginalisant et à nier les résultats (réduction de CO2, préservation des ressources naturelles, etc.) pour se concentrer sur un sujet : sa viabilité économique.

Rappelons que l’entreprise est un organisme à but lucratif. Dans ce cadre, la majorité de ses actions sont tournées vers un objectif, celui de dégager du profit. Et c’est avec cet acteur, dans 99% des cas, que nous sommes amenés à travailler.

Afin de rassurer et de convaincre ces acteurs, jouer dans la même cour est essentiel.

Raison #3 : Pour le sport !

Article-RS-entreprise 2
Crédit Cropped Studio
Crédit photographie Cropped Studio

Bah oui, c’est quand même beaucoup plus stimulant de se lancer des défis, et trouver une viabilité économique dans un marché émergent, c’est justement un sacré challenge.

C’est également pour cela que nous nous sommes attaqués à la revente : c’est LE sujet complexe autour du réemploi des matériaux, avec celui du temps lié à la démontabilité des éléments. Ce sujet demande de la patience et de l’endurance car le secteur est en pleine évangélisation. Il demande également de trouver le bon angle d’approche pour faire valoir leur qualité, leur réemployabilité, leurs avantages de la manière la plus simple et la plus accessible.

Dans le cadre de cette démocratisation, l’entreprise, là encore, rassure. Elle reste le schéma le plus courant auquel nous avons tous affaire au quotidien. Elle rationalise, apporte une certaines garantie et une rigueur inhérente à la gestion d’une entreprise.

Et du coup ?

Vous l’avez compris, l’objectif de Re.Source est de faire du réemploi des matériaux de construction la norme, en les rendant invisible et aussi courant que l’emploi de matériaux neufs. Dans ce cadre, le format de l’entreprise a eu tout son sens dès le début et c’est en SAS (société par actions simplifiés) que l’entreprise a juridiquement vu le jour un beau matin de Février 2018.

Sachez cependant que cette SAS ne nous convient plus forcément : en effet, elles ne promulguent pas suffisamment à notre goût les valeurs intrinsèques éthiques, sociétales et environnementales de l’entreprise. Nous nous dirigeons donc actuellement vers une transformation de Re.Source en entreprise coopérative. Elle bénéficiera ainsi d’une gouvernance démocratique et d’une répartition des résultats prioritairement affectée à la pérennité des emplois et du projet d’entreprise.

Pour en savoir plus sur le concept Re.Source, c’est par ICI.

Pour en savoir plus sur les entreprises coopératives, c’est par LA.

Comments (4)

  1. cauletin michèle 30 mars 2020 at 15 h 12 min Reply

    BRAVO !!
    Je trouve super
    1 la Newsletter
    2 le choix de l’entreprise et bientôt la coopérative
    3 le concept bien sur de Re.source !!
    Bonne continuation à vous ,que plein de vents favorables vous portent !!

    1. re.source 30 mars 2020 at 22 h 21 min Reply

      Merci Michèle pour ce retour encourageant, à bientôt !

  2. Marc S. 30 mars 2020 at 18 h 13 min Reply

    Héhé, un bon complément intéressant à notre conversation !
    Merci
    Marc S.

    1. re.source 30 mars 2020 at 22 h 21 min Reply

      Tout à fait ! Au plaisir d’échanger de nouveau Marc.

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