Le réemploi au coeur de l’économie circulaire

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Par opposition à l’économie linéaire « produire, consommer, jeter », l’économie circulaire fonctionne en boucle, se passant ainsi de la notion de déchets. Son objectif est de produire des biens et services tout en optimisant les ressources que contiennent notre planète.

De l’économie traditionnelle à l’économie circulaire

L’économie traditionnelle, dite linéaire, est un modèle né lors des révolutions industrielles du 19ème siècle. Ce modèle se base sur l’idée que les ressources naturelles de notre planète sont illimitées, nous permettant ainsi d’extraire des matières premières, de les transformer en produits consommables et finalement de les jeter sans se poser plus de questions.

Cette consommation croit chaque année de façon exponentielle. En 2007, nous avons consommé 65% de ressources naturelles de plus qu’en 1980. Par ailleurs, qui dit consommation dit production de déchets. En France, ceux-ci augmentent de 3% tous les deux ans. Nous étions à 324 millions de tonnes l’année passée. Toutes les études s’accordent sur ce point : ce modèle est obsolète. Il est urgent d’en changer.

La logique du développement durable

L’économie circulaire considère les produits comme un flux d’énergie devant être réinjectés dans une boucle comme dans un écosystème naturel, réduisant au minimum le gaspillage et les pertes d’énergies. L’économie circulaire est définie comme tel par le Conseil National des Déchets : un système de production et d’échanges prenant en compte, dès leur conception, la durabilité et le recyclage des produits ou de leurs composants de sorte qu’ils puissent redevenir soit des objets réutilisables soit des matières premières nouvelles, dans un objectif d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources.

Elle se base sur les 7 axes suivants :

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  1. L’écodesign ou l’écoconception qui consiste en l’étude et la prise en compte de tous les impacts environnementaux sur l’ensemble de cycle de vie d’un produit afin de le minimiser.
  2. L’écologie industrielle qui œuvre pour une gestion optimale des ressources naturelles au sein de l’industrie.
  3. L’économie de fonctionnalité, privilégiant l’usage à la possession du bien poussant les offreurs de services à proposer des produits de qualité.
  4. Le réemploi qui prône de réemployer un objet pour un usage identique à celui pour lequel il avait été initialement conçu.
  5. La réparation des biens, une étape permettant de réparer un bien en panne afin de le réutiliser.
  6. La réutilisation, qui consiste en le fait d’utiliser de nouveau des matières ou produits issus de déchets. Le démantèlement de certains permet de récupérer les pièces encore en bon état.
  7. Le recyclage qui refond les matières premières issues de traitements de déchets pour la production de biens similaires ou différents.

Trois des sept axes se situent en amont du design produit et de la production. Ils préparent le produit à sa vie circulaire. Les trois axes suivants sont là pour rattraper les « dégâts » d’une conception linéaire. Le dernier axe, le recyclage, est le dernier recours possible pour une gestion circulaire des déchets.

Le réemploi, pilier de l’économie circulaire

Le réemploi est le premier des axes de la vie du produit. Il consiste à prolonger la vie d’un objet grâce à une seconde utilisation par un tiers. Le produit est donné ou vendu par son propriétaire initial à un tiers qui lui donnera une seconde vie. Contrairement à la réutilisation, dans le cadre du réemploi, le produit garde son statut de produit et ne devient à aucun moment un déchet. Il ne comprend aucune refonte matières ni transformation quelconque. Il est donc le plus économique et écologique des axes de vie d’un produit.

La pratique du réemploi est aujourd’hui majoritairement diffusée via les associations types ressourceries et recycleries (ex. Emmaüs France), permettant ainsi la création d’emplois locaux et ce à travers tout le territoire français.

Des entreprises comme Re.Source se structurent également autour du réemploi, tentant de le transformer en un modèle économique viable. La « banalisation » du réemploi des produits passera par cette structuration économique. Les premiers exemples en sont les revendeurs d’objets dits « vintage », pièces de réemploi par excellence, dont le design et la patine en font la valeur.

Demain, le réemploi est en passe de devenir un incontournable.

 

Célia.

Comment (1)

  1. Nicolas 20 juin 2018 at 12 h 26 min Reply

    Un très bel article, qui nous rappelle aussi l’urgence d’agir vers une transformation de notre mode de vie.
    Comme le dit si bien Gunter Pauli, “Le développement durable c’est la capacité de répondre aux besoins de tous avec ce dont nous disposons. Chaque système naturel, dont il s’inspire totalement, fonctionne avec ce qui est disponible. Or depuis des années, notre économie, comme notre système financier, a fonctionné avec ce qui n’existe pas” Nous sommes la seule espèce de cette terre à produire de façon linéaire, il me parait évident qu’il nous faut évoluer vers un système circulaire.
    Le réemploi est l’une des clés de ce changement, à nous de suivre le coche !

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